Je n’ai pas vu grand-chose de ces deux villes
étapes de l’Ouest tanzanien. J’ai passé deux jours grippés et alités dans la
première et deux jours à tenter plus ou moins de récupérer dans la seconde.
Le MV
Liemba est arrivé à Kasanga vers midi, le dernier arrêt en Tanzanie avant le
terminus en Zambie. J’ai appris que le navire resterait à quai à Kasanga pour l’après-midi
et la soirée afin de laisser plus de temps au transbordement des marchandises. Il
est également préférable que le ferry franchisse la frontière tôt le matin pour des questions de droit de douane en Zambie. J’ai donc demandé au
capitaine l’autorisation de passer une nuit supplémentaire dans ma cabine. Il a
accepté à condition que je quitte le navire avant son départ à 5 h.
J’ai très mal dormi à cause des premiers
symptômes grippaux. J’ai quitté le navire à 4 h 30 en pleine
obscurité et suis allé attendre le
premier bus au bord de piste sur la petite colline qui domine la baie. Quelques
minutes plus tard, l’agent du poste d’immigration tout proche et isolé sur
cette piste désertique et poussiéreuse est venu faire un brin de causette. Même
sous ces latitudes, il ne fait pas très chaud le matin en plein vent à une
altitude de près de 1000 mètres.
J’ai refait le plein de médicament le
lendemain et acheté un billet de bus pour le jour suivant. Et j’ai de nouveau
passé la journée au lit.
Le trajet jusqu’à Mbeya s’est effectué un peu
dans les mêmes conditions que le précédent. La seule différence est que le bus
était nettement plus confortable et la route en meilleur état. J’ai pu mieux me
reposer.
À Mbeya, j’ai changé de crémerie et suis allé
cette fois chez les évangélistes. J’étais pressé d’arriver dans cette ville
pour réserver une couchette de 1re classe dans le Makuba, un train express avec des
pointes à 60 km/h qui assure une
liaison hebdomadaire entre Mposhi en Zambie et Dar es-Salaam en Tanzanie, un
trajet de près d’une semaine.
Mbeya est situé à la moitié de ce trajet et je
comptais m’arrêter avant Dar es-Salaam. Le train ne passait que dans deux jours
et j’espérais être suffisamment en avance pour obtenir un billet. Mes bagages à
peine déposés, je me suis précipité à la gare.
Il ne restait plus de couchettes. Ni en 1re
ni en 2nd. Je n’avais plus le choix qu’entre la 3e et la
4e, et uniquement des sièges très inconfortables pour y dormir la
nuit. C’est l’ancien président français Jacques Chirac qui avait déclaré avec
raison que « les emmerdes, ça vole
toujours en escadrille ».
Je suis retourné me coucher. Après tout, et
pour reprendre une autre citation, celle de Scarlett O’Hara cette fois dans Gone with the Wind (Autant en emporte le vent en français) : « After all tomorrow is another day. »

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