Wednesday, August 29, 2018

24 - Sumbawanga-Mbeya


Je n’ai pas vu grand-chose de ces deux villes étapes de l’Ouest tanzanien. J’ai passé deux jours grippés et alités dans la première et deux jours à tenter plus ou moins de récupérer dans la seconde.

Le MV Liemba est arrivé à Kasanga vers midi, le dernier arrêt en Tanzanie avant le terminus en Zambie. J’ai appris que le navire resterait à quai à Kasanga pour l’après-midi et la soirée afin de laisser plus de temps au transbordement des marchandises. Il est également préférable que le ferry franchisse la frontière tôt le matin pour des questions de droit de douane en Zambie. J’ai donc demandé au capitaine l’autorisation de passer une nuit supplémentaire dans ma cabine. Il a accepté à condition que je quitte le navire avant son départ à 5 h.

J’ai très mal dormi à cause des premiers symptômes grippaux. J’ai quitté le navire à 4 h 30 en pleine obscurité et suis allé attendre le premier bus au bord de piste sur la petite colline qui domine la baie. Quelques minutes plus tard, l’agent du poste d’immigration tout proche et isolé sur cette piste désertique et poussiéreuse est venu faire un brin de causette. Même sous ces latitudes, il ne fait pas très chaud le matin en plein vent à une altitude de près de 1000 mètres.

Le bus est passé un peu après 6 h. J’étais passablement fiévreux et j’ai quelque peu sommeillé tout le long du trajet jusqu’à Sumbawanga. Une fois de plus, je suis allé loger dans la pension catholique locale située près de la gare routière. Je me suis bourré de paracétamol et abondamment badigeonné de Vicks et je me suis couché.

J’ai refait le plein de médicament le lendemain et acheté un billet de bus pour le jour suivant. Et j’ai de nouveau passé la journée au lit.

Le trajet jusqu’à Mbeya s’est effectué un peu dans les mêmes conditions que le précédent. La seule différence est que le bus était nettement plus confortable et la route en meilleur état. J’ai pu mieux me reposer.

À Mbeya, j’ai changé de crémerie et suis allé cette fois chez les évangélistes. J’étais pressé d’arriver dans cette ville pour réserver une couchette de 1re classe dans le Makuba, un train express avec des pointes à 60 km/h qui assure une liaison hebdomadaire entre Mposhi en Zambie et Dar es-Salaam en Tanzanie, un trajet de près d’une semaine.

Mbeya est situé à la moitié de ce trajet et je comptais m’arrêter avant Dar es-Salaam. Le train ne passait que dans deux jours et j’espérais être suffisamment en avance pour obtenir un billet. Mes bagages à peine déposés, je me suis précipité à la gare.

Il ne restait plus de couchettes. Ni en 1re ni en 2nd. Je n’avais plus le choix qu’entre la 3e et la 4e, et uniquement des sièges très inconfortables pour y dormir la nuit. C’est l’ancien président français Jacques Chirac qui avait déclaré avec raison que « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».

Je suis retourné me coucher. Après tout, et pour reprendre une autre citation, celle de Scarlett O’Hara cette fois dans Gone with the Wind (Autant en emporte le vent en français) : « After all tomorrow is another day. »

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