Friday, August 31, 2018

25 - Mangula


Mangula est un village pittoresque où il fait bon faire une pause avant d’affronter à nouveau le tumulte des grands centres urbains africains. Situé au pied de l’escarpement des monts Udzungwa, il n’y a rien de particulier à y faire ni grand-chose à voir si ce n’est de randonner dans ces montagnes dont une partie a été transformée en parc national.

Gare de Mangula
Comme tous les parcs nationaux, les coûts d’accès y sont très élevés et là aussi l’accompagnement d’un guide est obligatoire. Après m’être renseigné et avoir été informé du prix exorbitant d’une simple boucle de quatre heures jusqu’à une cascade, j’ai préféré rester au village à regarder la vie couler au ralenti et à me promener aux alentours.

Comme la plupart des villages, le centre est animé par un mélange de petites boutiques, d’ateliers de mécanique, d’ébénisterie et de marchés colorés. À mesure que l’on s’éloigne du centre, la vie rurale ombragée et assoupie est dominée par des scènes d’enfants s’amusant avec des jouets faits maison ou sillonnant avec des vélos trop grands pour eux des chemins de terres battues.

Gare de Mbeya
Je suis arrivé à ce village en train depuis l’étape précédente de Mbeya où je n’avais pas pu obtenir une couchette en 1re ou 2nd classe le jour de mon arrivée dans cette ville. Je suis revenu à la charge le jour du départ du train prévu pour la fin d’après-midi et, à force d’insister, j’ai fini par obtenir une couchette en 2e classe. Le train n’est arrivé que vers minuit et j’avais hâte de trouver mon compartiment pour m’affaler sur ma couchette. J’ai ainsi pu effectuer la moitié d’un trajet de plus de 500 km en dormant sans interruption jusqu’au petit matin. 












Wednesday, August 29, 2018

24 - Sumbawanga-Mbeya


Je n’ai pas vu grand-chose de ces deux villes étapes de l’Ouest tanzanien. J’ai passé deux jours grippés et alités dans la première et deux jours à tenter plus ou moins de récupérer dans la seconde.

Le MV Liemba est arrivé à Kasanga vers midi, le dernier arrêt en Tanzanie avant le terminus en Zambie. J’ai appris que le navire resterait à quai à Kasanga pour l’après-midi et la soirée afin de laisser plus de temps au transbordement des marchandises. Il est également préférable que le ferry franchisse la frontière tôt le matin pour des questions de droit de douane en Zambie. J’ai donc demandé au capitaine l’autorisation de passer une nuit supplémentaire dans ma cabine. Il a accepté à condition que je quitte le navire avant son départ à 5 h.

J’ai très mal dormi à cause des premiers symptômes grippaux. J’ai quitté le navire à 4 h 30 en pleine obscurité et suis allé attendre le premier bus au bord de piste sur la petite colline qui domine la baie. Quelques minutes plus tard, l’agent du poste d’immigration tout proche et isolé sur cette piste désertique et poussiéreuse est venu faire un brin de causette. Même sous ces latitudes, il ne fait pas très chaud le matin en plein vent à une altitude de près de 1000 mètres.

Le bus est passé un peu après 6 h. J’étais passablement fiévreux et j’ai quelque peu sommeillé tout le long du trajet jusqu’à Sumbawanga. Une fois de plus, je suis allé loger dans la pension catholique locale située près de la gare routière. Je me suis bourré de paracétamol et abondamment badigeonné de Vicks et je me suis couché.

J’ai refait le plein de médicament le lendemain et acheté un billet de bus pour le jour suivant. Et j’ai de nouveau passé la journée au lit.

Le trajet jusqu’à Mbeya s’est effectué un peu dans les mêmes conditions que le précédent. La seule différence est que le bus était nettement plus confortable et la route en meilleur état. J’ai pu mieux me reposer.

À Mbeya, j’ai changé de crémerie et suis allé cette fois chez les évangélistes. J’étais pressé d’arriver dans cette ville pour réserver une couchette de 1re classe dans le Makuba, un train express avec des pointes à 60 km/h qui assure une liaison hebdomadaire entre Mposhi en Zambie et Dar es-Salaam en Tanzanie, un trajet de près d’une semaine.

Mbeya est situé à la moitié de ce trajet et je comptais m’arrêter avant Dar es-Salaam. Le train ne passait que dans deux jours et j’espérais être suffisamment en avance pour obtenir un billet. Mes bagages à peine déposés, je me suis précipité à la gare.

Il ne restait plus de couchettes. Ni en 1re ni en 2nd. Je n’avais plus le choix qu’entre la 3e et la 4e, et uniquement des sièges très inconfortables pour y dormir la nuit. C’est l’ancien président français Jacques Chirac qui avait déclaré avec raison que « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».

Je suis retourné me coucher. Après tout, et pour reprendre une autre citation, celle de Scarlett O’Hara cette fois dans Gone with the Wind (Autant en emporte le vent en français) : « After all tomorrow is another day. »

Saturday, August 25, 2018

23 - MV Liemba

MV Liemba dans le port de Kigoma

Un des objectifs que je m’étais fixé dans le cadre de ce voyage était d’être là où je suis actuellement, à savoir à bord du MV Liemba. Ce ferry est devenu un bateau de légende, et il aurait été dommage de faire le tour des Grands Lacs sans avoir voyagé à bord. Voilà qui est fait.

Le MV Liemba est le plus ancien ferry à passagers encore en service sur la planète. Sa construction fut effectuée par les chantiers navals allemands Meyer Werft à Papenburg, en 1913, à l’époque où la Tanzanie faisait partie de l’Afrique-Orientale allemande. Le navire fut démonté, entreposé dans 5 000 caisses en bois et expédié vers la côte est africaine.

Après être arrivées à Dar es-Salaam, les caisses furent transportées d’abord par chemin de fer et ensuite à dos d’homme jusqu’à Kigoma. Le navire fut alors reconstruit et lancé en 1915 sous le nom de Graf von Götzen (du nom du premier gouverneur de l’Afrique-Orientale allemande) comme navire de guerre durant la Première Guerre mondiale, avant d’être sérieusement endommagé par un bombardement belge quelques mois plus tard. Pour éviter sa prise par les Alliés, il fut sabordé au fond du lac Tanganyika par son commandant allemand.

Le sabordement du navire a inspiré le roman de C.S. Forester, The African Queen, adapté par le film éponyme de 1951 (L’Odyssée de l’African Queen en français), avec dans les rôles principaux Humphrey Bogart et Katharine Hepburn, un film que j’ai dû voir une demi-douzaine de fois. À l’instar du Graf von Götzen, le bateau de guerre allemand dans le film finit lui aussi au fond du lac Tanganyika, mais de façon plus romancée et à la suite d’une collision avec l’épave de l’African Queen.

Le bateau fut renfloué par les Anglais en 1924. Ils constatèrent que les moteurs et les chaudières étaient encore utilisables. Le bateau fut donc remis en service en 1927 — et rebaptisé MV Liemba — pour faciliter le transport de passagers et de marchandises autour du lac dans le nouveau protectorat britannique du Tanganyika.

Cabine de 1er classe
Aujourd’hui, il est la propriété de la Tanzania Railways Corporation et fait deux allers-retours par mois entre les ports de Kigoma en Tanzanie et Mpulungu en Zambie. Il est équipé de quelques cabines de 1res classes (mon choix pour ce voyage de trois jours) pourvues de deux couchettes, de cabines de 2de classe avec quatre couchettes sous les 1res classes et d’une 3e classe presque à fond de cale avec de simples sièges.

Les deux villes portuaires ainsi que le village de Kasanga sont équipés de ports, mais pour les autres arrêts le long de la côte, le transbordement des passagers et des marchandises doit s’effectuer à l’aide de petites embarcations sur ce lac qui est le plus long au monde (660 km) et le deuxième plus profond (1450 mètres) après le lac Baïkal. Et ce transbordement, de jour comme de nuit, par temps calme ou agité, est tout un spectacle qui se répète de village en village.

Le ferry annonce tout d’abord son arrivée par le long appel strident de sa sirène. Il jette l’ancre au large d’un village de la côte dont la distance peut varier entre 200 mètres et deux kilomètres dépendamment de la profondeur. De là, des embarcations à moteurs ou à rames partent à l’abordage du ferry. On se croirait de retour au début du 18e siècle, en plein âge d’or de la piraterie dans les Caraïbes et dans l’Océan indien.

À quelques encablures, des filins et des cordages sont lancés sur le pont du navire et rapidement récupérés par des passagers et des membres d’équipage. Les embarcations sont amarrées de chaque côté du navire, à l’avant comme à l’arrière, et des hommes montent rapidement à l’abordage à la force des bras et en s’accrochant l’aide de leurs pieds nus à la moindre aspérité de la coque en métal.

En quelques secondes, ils envahissent tous les ponts, bousculant au passage les passagers encore tout ébahis par la rapidité de l’opération. Les embarcations amarrées à la proue se chargent de débarquer et d’embarquer les marchandises, alors que celles qui sont amarrées à la poupe réalisent le transbordement des passagers.

C’est un travail d’hommes. Les femmes comme les enfants sont saisis manu militari et balancés plus que déposés sur les embarcations en contre-bas. L’embarquement se fait tout aussi brutalement au milieu des cris et des pleurs. Sitôt sur les embarcations, les femmes récupèrent leurs progénitures qu’elles tentent de protéger en s’asseyant tant bien que mal au milieu des bagages pendant que les hommes finissent leur travail de débardeur.

En moins de cinq minutes, tout est terminé en ce qui concerne les passagers. Ça prend beaucoup plus de temps pour les marchandises qui vont du poisson séché aux ananas en passant par la farine et autres denrées de première nécessité gracieusement offertes par la communauté internationale. Les poulets, autres volailles et nourritures sur pattes empruntent le même chemin que les passagers.

Puis l’agitation fait peu à peu place au calme. Quelques petites pirogues de pêcheurs s’approchent encore pour tenter de vendre les prises récentes. Les points d’amarrages sont décrochés du bastingage. Les dernières embarcations retournent vers le rivage. La sirène retentit à deux reprises. L’ancre est levée. Le MV Liemba peut alors s’éloigner en prenant lentement de la vitesse. La même opération se répétera quelques heures plus tard.

J’ai rencontré Joel Galaga, l’administrateur de la société d’État qui gère le ferry. Il est sous la pression constante de politiciens locaux pour augmenter le nombre d’arrêts le long de la côte, alors qu’actuellement le maintien de ce service est déjà un gouffre financier en raison des coûts d’opération. Et c’est le seul ferry circulant sur le lac du côté tanzanien.

Quai de Kasanga
Un arrêt de ce lien commercial perturberait sérieusement l’économie et la survie des villages côtiers. Il n’est pas très optimiste sur la viabilité à long terme du MV Liemba. Il pense qu’une route sera probablement construite d’ici quelque temps le long du lac, comme c’est le cas pour beaucoup des autres Grands Lacs, et que ce ferry légendaire sera amené à disparaitre.

Si c’est le cas, et si l’on me demandait mon avis, je pense qu’on devrait le couler là où il fut autrefois sabordé par les Allemands, mais pas avant d’avoir pris soin au préalable de le baptiser du nom d’African Queen.



















Tuesday, August 21, 2018

22 - Kigoma


Me voilà de retour en Tanzanie où ce voyage devrait s’achever. J’ai une nouvelle fois pris un bus (je ne les compte plus) pour effectuer un trajet d’une journée depuis Buja. La route en très mauvais état longe le lac Tanganyika et traverse des villages de pêcheurs dont les barques très sagement alignées au bord des plages pointent toutes dans le même sens.



Poste frontière
Quelques kilomètres avant la frontière, la route bifurque brusquement vers l’est et pénètre à l’intérieur des terres en grimpant en lacets jusqu’à un plateau situé à plus de 500 mètres au-dessus du lac que l’on continue à apercevoir pendant encore quelque temps.

Le bus, fatigué par l’effort, a calé juste avant d’atteindre le col, ce qui est assez fréquent en Afrique. La réparation peut prendre une heure comme elle peut prendre des jours. Cette fois ce fut court et après quelques coups de marteau nous sommes repartis.

Il nous a fallu encore près de deux heures à travers un paysage aride pour atteindre la frontière. Ici pas d’ordinateur pour enregistrer les passeports, ni du côté burundais ni du côté tanzanien. Tout se fait encore au stylo sur de vieux registres.

La route du côté tanzanien est en bien meilleur état. Le bus a repris une vitesse de croisière normale et une vingtaine de kilomètres avant d’atteindre notre destination, nous sommes redescendus en direction du lac que nous avons retrouvé à notre arrivée à Kigoma. 

J’ai changé mes habitudes et je suis allé loger au Jakobsen’s beach, un lodge isolé au bord d’une plage à quelques kilomètres au nord de la ville. L’endroit est agréable et fréquenté à l’aube et au crépuscule par des singes, des zèbres et des antilopes. Je n’en ai pas vraiment profité. Ce n’est pas le genre d’endroit où j’aime séjourner en voyage. C’est différent lorsque je suis en vacances. En voyage, je préfère loger au milieu des populations des pays que je visite. Or, ce type d’établissement n’attire que des touristes occidentaux. J’ai donc déménagé dès le lendemain et suis allé en ville… chez les religieuses.
 
Kigoma n’a pas toujours été cette grande ville commerçante, administrative et portuaire du lac Tanganyika. Ce n’est qu’au début du 20e siècle, quand la Tanzanie était encore colonie allemande, que la ligne de chemin de fer depuis Dar es-Salaam fut complétée avec son terminus dans ce qui n’était alors qu’un simple petit village de pêcheur.

C’était Ujiji, un des plus vieux marchés africains situé à une dizaine de kilomètres plus au sud, qui était jusqu'à cette époque le grand centre d’échange d’où partait notamment l’ivoire et les esclaves en direction de la côte et de Zanzibar. La ligne de chemin de fer a d’ailleurs repris le même tracé que celui des trafiquants arabes.

À l'emplacement de la rencontre
C’est également à Ujiji qu’eut lieu la rencontre historique entre David Livingstone et Henry Morton Stanley ; ce dernier saluant le premier de son fameux « Doctor Livingstone, I presume? ».

Un petit musée très modeste mais fort bien documenté a remplacé la bicoque qui servait de demeure à Livingstone et une stèle a été érigée à la place du manguier où la poignée de main entre les deux hommes aurait été échangée.

Friday, August 17, 2018

21 - Bujumbura

Quelqu’un qui ne s’intéresserait qu’aux endroits où je loge depuis quelque temps pourrait en déduire que je ne fais pas le tour des Grands Lacs, mais celui des établissements religieux.

Cette fois, ce ne sont pas des catholiques qui m’ont hébergé, mais des anglicans. C’est pratiquement la même chose, et pour avoir assisté à des messes chez les uns et chez les autres, moi qui ne suis pas un expert, je n’y ai vu que du feu. Façon de parler.

Il existe quand même une différence de taille. Les prêtres anglicans (parmi lesquelles des femmes depuis quelques années) peuvent se marier. Les prêtres catholiques ne le peuvent toujours pas. Mais bon, certains prêtres compensent de façon peu morale cette abstinence. Actuellement, le pape ne cesse d’ailleurs de s’excuser de ces comportements peu orthodoxes… sans se dissocier des coupables. Les anglicans ont de la chance. Ils n’ont pas de pape. Façon de parler.

Église Grec-Orthodoxe 
Donc j’ai logé dans un établissement géré par l’Église anglicane, établissement coincé entre l’ambassade de France, face à l’entrée, et le palais présidentiel, juste à l’arrière. La fenêtre de ma chambre donne directement sur la grille de la cour du palais où stationnent deux vieilles automitrailleuses recouvertes de bâches, où sèchent des habits militaires et civils étendus sur des cordes à linge et où trainent des jouets d’enfants dispersés de-ci de-là.

J’ai quand même l’impression d’être très bien protégé (avec en outre une église Grec-Orthodoxe à côté), sauf en cas de coup d’État, coups d’État qui se déroulent quand même ici assez régulièrement. Je fais néanmoins le pari que dans un pays majoritairement chrétien, il existe peu de chance qu’un coup d’État puisse se tenir dans les jours entourant l’Assomption ; ce qui me laisse suffisamment de temps pour traverser le pays. Si coup d’État il y a, il risque fort de pas être béni. Façon de parler.

« Buja », comme on la surnomme, est en total contraste avec Kigali, la capitale très propre et très ordonnée du Rwanda. La capitale du Burundi est semblable à plusieurs autres en Afrique avec son insalubrité, sa circulation anarchique et bruyante, sa pollution, sa poussière, sa pauvreté, ses mendiants et ses voleurs. Ne parlons pas des routes.

Bien que les conflits fréquents aient fermé les portes du pays au tourisme, les habitants de Buja sont néanmoins tout aussi accueillants et sociables que ceux de Kigali. Ils sont ouverts aux visiteurs, et sur les visages intrigués par la présence étrangère inattendue se dessinent la plupart du temps de larges sourires qui sont autant d’invitations à discuter et à se familiariser avec la culture locale.

Les Burundais en général et les habitants de Buja en particulier aiment faire la fête. C’est sans doute un héritage francophone qu’ils partagent avec leurs voisins congolais et autres francophones africains. La nourriture est également une différence majeure avec ce que l’on trouve en Afrique anglophone. Elle est plus variée (comme au Rwanda) et l’influence française n’y est certainement pas étrangère.

Beaucoup d’étrangers de pays voisins viennent à Buja pour s’encanailler. Les mademoiselles sont nombreuses dans les boîtes du boulevard de l’Uprona, tout prêt de l’endroit où je réside. Je ne sais d’ailleurs pas comment certaines d’entre elles ont obtenu mon numéro de téléphone, mais j’ai été sollicité à deux ou trois reprises pour venir chez elles admirer leurs collections de papillons. Façon de parler.

J’ai encore dû patienter pour un visa. Cette fois pour celui de la Tanzanie que j’ai dû renouveler. Mais ce fut moins long. Je suis arrivé à l’ambassade à 8 h 30. J’étais seul ce matin-là. Et j’en suis ressorti à 13 h 30. Il parait que le fonctionnaire chargé de cette besogne était en rendez-vous. J’ai ma petite idée sur la nature du rendez-vous. En Afrique francophone, on appelle ça un « deuxième bureau ». Façon de parler.

Hôtlel Club du Lac Tanganyika
À part perdre mon temps à l’ambassade de Tanzanie, j’ai longuement marché dans la ville et je suis allé à deux reprises me relaxer à l’heure du déjeuner dans des hôtels de luxe. Ils sont tous installés au bord de la plage au nord de la ville. Cette plage magnifique, longue de plusieurs kilomètres, est le lieu privilégié des habitants de Buja pendant les fins de semaine. Elle est totalement déserte les autres jours de la semaine.

Dans le dernier hôtel où j’ai déjeuné, j’ai eu la désagréable surprise de voir surgir devant moi un énorme gorille en tenue sombre et lunettes noires, une oreillette collée à une oreille, un talkie-walkie dans une main et l’autre enfuie à l’intérieur du veston. Après m’avoir fixé intensément, il a poursuivi son chemin vers le jardin. En me retournant, j’ai alors vu un groupe d’hommes en complet noir, certains avec des mallettes à la main, se diriger dans la même direction. Les conseillers et gardes du corps marchaient serrés et entouraient de près le président.