Me voilà de retour en Tanzanie où ce voyage
devrait s’achever. J’ai une nouvelle fois pris un bus (je ne les compte plus)
pour effectuer un trajet d’une journée depuis Buja. La route en très mauvais
état longe le lac Tanganyika et traverse des villages de pêcheurs dont les
barques très sagement alignées au bord des plages pointent toutes dans le même sens.
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| Poste frontière |
Quelques kilomètres avant la frontière, la
route bifurque brusquement vers l’est et pénètre à l’intérieur des terres en grimpant
en lacets jusqu’à un plateau situé à plus de 500 mètres au-dessus du lac que l’on
continue à apercevoir pendant encore quelque temps.
Le bus, fatigué par l’effort, a calé juste
avant d’atteindre le col, ce qui est assez fréquent en
Afrique. La réparation peut prendre une heure comme elle peut prendre des
jours. Cette fois ce fut court et après quelques coups de marteau nous sommes
repartis.
Il nous a fallu encore près de deux heures à
travers un paysage aride pour atteindre la frontière. Ici pas d’ordinateur pour
enregistrer les passeports, ni du côté burundais ni du côté tanzanien. Tout se
fait encore au stylo sur de vieux registres.
La route du côté tanzanien est en bien
meilleur état. Le bus a repris une vitesse de croisière normale et une
vingtaine de kilomètres avant d’atteindre notre destination, nous sommes redescendus
en direction du lac que nous avons retrouvé à notre arrivée à Kigoma.
J’ai changé mes habitudes et je suis allé
loger au Jakobsen’s
beach, un lodge isolé au bord d’une plage à
quelques kilomètres au nord de la ville. L’endroit est agréable et fréquenté à
l’aube et au crépuscule par des singes, des zèbres et des antilopes. Je n’en ai
pas vraiment profité. Ce n’est pas le genre d’endroit où j’aime séjourner en
voyage. C’est différent lorsque je suis en vacances. En voyage, je préfère loger
au milieu des populations des pays que je visite. Or, ce type d’établissement
n’attire que des touristes occidentaux. J’ai donc déménagé dès le lendemain et suis
allé en ville… chez les religieuses.
Kigoma n’a pas toujours été cette grande
ville commerçante, administrative et portuaire du lac Tanganyika. Ce n’est qu’au début du 20e siècle, quand la Tanzanie était encore
colonie allemande, que la ligne de chemin de fer depuis Dar
es-Salaam fut complétée avec son terminus dans ce qui n’était alors qu’un
simple petit village de pêcheur.
C’était Ujiji, un des plus vieux marchés
africains situé à une dizaine de kilomètres plus au sud, qui était jusqu'à cette époque le
grand centre d’échange d’où partait notamment l’ivoire et les esclaves en direction
de la côte et de Zanzibar. La ligne de chemin de fer a d’ailleurs repris le
même tracé que celui des trafiquants arabes.![]() |
| À l'emplacement de la rencontre |
C’est également à Ujiji qu’eut lieu la
rencontre historique entre David Livingstone et Henry Morton Stanley ; ce
dernier saluant le premier de son fameux « Doctor
Livingstone, I presume? ».
Un petit musée très modeste mais fort bien
documenté a remplacé la bicoque qui servait de demeure à Livingstone et une stèle a été érigée à la place du manguier où la poignée de
main entre les deux hommes aurait été échangée.



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