Je n’ai pas grand-chose à dire sur Nairobi.
Mon séjour fut bref. La capitale du Kenya est une ville de transit, un de ces
lieux incontournables vers lequel les voies de communication convergent et qu’il
est difficile d’éviter.
C’est Lucy qui m’a hébergé. Elle vit un peu à
l’écart du centre-ville dans un quartier assez pauvre en compagnie de sa fille
Lulu (que l’on prononce Loulou) âgée de deux ans et qu’elle élève seule. Je ne
me suis pas trop intéressé aux statistiques de cette partie du monde, mais il semblerait
que le nombre de mères célibataires est assez élevé dans les grandes villes
africaines.
Lucy appartient à l’ethnie Luo, majoritaire autour
de la ville de Kisumu (où je séjournerai quelques jours plus tard) situé au bord
du lac Victoria. Ils y pêchent notamment le Tilapia que j’ai eu l’occasion de
manger à plusieurs reprises et qui est excellent. Le soir de mon arrivée, Lucy a
insisté pour me servir un diner composé de petit poisson séché cuit à petit feu
dans une sauce à base de piment pas très épicé et accompagné d’ugali.
Le lendemain, comme je devais aller au
centre-ville réserver un billet de bus, elle m’a proposé de m’accompagner pour
m’indiquer l’endroit. Nous sommes montés dans un tuk-tuk et juste avant d’arriver
en ville, nous avons été pris au milieu d’une manifestation. Coincé à l’arrière
du chauffeur, c’est au moment où j’ai été pris d’étouffements que j’ai réalisé
que nous étions enveloppés par des fumées et des émanations de gaz lacrymogènes.
C’est assez angoissant comme expérience. Lucy a commencé à crier. Avec mon foulard
sur le nez pour éviter de trop respirer ce gaz asphyxiant, les yeux fermés, je
ne savais pas trop ce qui se passait. Le tuk-tuk a fait quelques embardées et j’ignore
comment, mais le chauffeur a réussi à s’extirper du lieu.
Après avoir acheté mon billet de bus pour le
lendemain, j’ai déambulé dans le centre-ville. J’hésitais à prendre des photos
(un peu traumatisé par mon aventure à Dar es-Salaam) quand j’ai reçu un message
de Sebastian, un Allemand que j’avais rencontré à Johannesburg en 2014, et avec
qui j’étais en contact depuis mon arrivée au Kenya. Il m’avait proposé de m’accueillir
à Kisumu. « Un conseil pour Nairobi, disait-il. Évite de prendre des photos en
ville. Un ami à moi a passé une nuit en prison pour avoir pris une photo d’un
hôtel à Nairobi. » J’étais fixé.
No comments:
Post a Comment