Tuesday, July 3, 2018

08 - Kilifi/Gede


La seule raison pour laquelle je me suis arrêté à Kilifi, c’est pour faire suite à la recommandation d’Elaine qui m’avait hébergé à Dar es-Salaam. « C’est un petit village reposant », m’avait-elle dit. Pas vraiment. Avec près de 150 000 habitants, ce n’est plus vraiment un village. 

En fait, c’est surtout le bord de mer où quelques hôtels se sont implantés qui fait la réputation de ce lieu connu des expats de la côte est pour ses jolies plages avoisinantes. Je ne suis pas très plage, et celle que je suis allé voir juste avant de quitter l’endroit était certes déserte, mais très polluée.

Mais je voulais également faire d’une pierre deux coups et en profiter pour visiter les vestiges d’une ancienne ville swahilie du 13e siècle, dont les ruines ont été mises à jour par des archéologues anglais en 1920. Gede est la version locale d’Angkor ou du Machu Picchu.

J’avais pris un guide, mais je lui ai demandé de me laisser seul après une vingtaine de minutes d’explications pertinentes que l’on oublie généralement après un jour ou deux. C’est le genre d’endroit, un peu mystérieux, un peu mystique que l’on apprécie davantage en solitaire.

Les maisons étaient très bien aménagées pour l’époque et possédaient des salles de bain avec bassin d’écoulement laissant penser que ce sont de riches commerçants musulmans qui fondèrent cette ville et l’habitèrent jusqu’à son abandon.

Les objets trouvés lors des fouilles (et que l’on peut voir dans le musée attenant au site) montrent que les habitants de cette cité faisaient du commerce avec le monde entier (perles en verre de Venise, des pièces des vases Ming, des lampes métalliques indiennes, des ciseaux d’Espagne. Le site comprend aussi un ancien palais, une mosquée et une madrasa.

La ville compta jusqu’à 2500 habitants, atteignit l’apogée de sa prospérité au 15e et 16e siècle avant d’être abandonnée pour des raisons que l’on ignore, mais qui peuvent être attribuées à des raids de tribus venues de Somalie ou de l’intérieur des terres, ou par un manque d’eau potable. La nature reprit ses droits et les seuls habitants à être restés sur les lieux furent les singes.






No comments:

Post a Comment